QSF et PSIJ: deux expériences offertes par le CSI

19 juin 2020
par Haidi Laidlaw

De QSF et PSIJ: deux acronymes, deux expériences différentes, mais des conclusions similaires. Je vous ouvre une petite porte sur mon vécu et mes réflexions face à ces aventures. 

PREMIÈRE EXPÉRIENCE

J’avais 20 ans, je venais de terminer le cégep et je cherchais à vivre une expérience qui me sortirait de ma zone de confort. Je me suis donc inscrite pour réaliser un stage Québec sans frontières (QSF), trois lettres qui allaient changer le cours de ma vie. Ce long voyage que je m’apprêtais à vivre m’amènerait certes à me construire comme femme et comme citoyenne, mais de quelle façon. Je partais à la conquête d’un Nouveau Monde, rempli de possibilités. De nature plutôt touche à tout, ce stage de groupe me permettrait de réaliser des activités de volontariat dans de nombreux domaines dont la santé, l’éducation, l’environnement, etc. Je partais ainsi pour deux mois et demi en République dominicaine. 

NOUVEL ENVIRONNEMENT

J’ai rapidement été confronté au premier élément qui me sortirait de ma zone de confort: l’espagnol. Bien que j’avais reçu des cours avec le CSI, j’ai rapidement réalisé le besoin d’améliorer cette compétence afin de non seulement comprendre ce que les gens me disaient, mais également pour mieux m’imprégner du monde culturel dans lequel je venais d’être plonger.

Je me souviens d’un moment où ma mère d’accueil parlait avec des voisines dans notre cuisine sur un ton qui me semblait contrarié. Ce que je pouvais déceler de cette conversation était mon nom et les aliments dont j’avais le plus de difficulté à manger chez elle. J’ai vécu sur le moment une panoplie d’émotions et de questionnements : est-ce qu’en ne mangeant pas tel aliment je l’avais blessé; est-ce qu’elle médisait à mon sujet; ou est-ce que je ne comprenais simplement pas bien ce qu’elle venait de dire; est-ce que je devais lui en parler; et comment faire pour que l’on se comprenne? Tant de questions pour une situation qui pourrait paraître banale de prime abord. 

Cependant, lorsque l’on vit une expérience aussi intense que celle-ci, rien n’est banal. L’inconnu que représente ce nouveau milieu nous amène à questionner nos façons d’être, de faire et de vivre.

Bien sûr, on se demande si les gens de cette communauté ont tort d’agir comme ils le font ou si c’est nous. Puis, on se questionne s’il y a une bonne et une mauvaise façon de faire les choses. Je crois que l’important n’est pas d’arriver à répondre à ces questions, mais plutôt d’ouvrir son cœur à la différence, car c’est ce qui rend nos interactions si riches et intéressantes. C’est réellement cela qui nous permet de grandir de chaque expérience vécue. 

UNE TOUTE NOUVELLE EXPÉRIENCE

Je suis présentement au Nicaragua pour réaliser un Programme de stage international pour les jeunes (PSIJ). J’ai désormais 31 ans et j’ai décidé de m’engager de nouveau dans une aventure de stage de coopération internationale. Ces six mois de stage sont une parfaite occasion de me replonger dans l’apprentissage de l’espagnol, de me reconnecter à la coopération internationale et d’acquérir de l’expérience dans une branche de mon domaine d’études, le tourisme. Je me sentais différente en commençant ce stage versus le dernier. La confiance acquise durant mon QSF m’aidait à commencer ce PSIJ avec une certaine paix intérieure. Je sais que je suis à la bonne place au bon moment et que peu importe les obstacles sur mon chemin, je peux les surmonter. Le contexte est idéal, je peux être indépendante dans mes projets professionnels tout en ayant des compagnons québécois, qui vivent eux aussi un stage professionnel au Nicaragua.

REVOIR SA PERCEPTION

L’un des plus grands défis de mon stage fut sans contredit les changements impromptus et le manque de communication. Ce qu’il faut savoir c’est que le rythme de bon nombre de Nicaraguayens diffère du mien. De plus, le plan d’une journée peut changer maintes et maintes fois. Il m’est parfois arrivé d’aller voir la copine malade de mon compagnon de travail, d’aller payer ses factures d’électricité ou encore d’arrêter faire la livraison de fleurs chez un cousin. Au départ, je percevais ces imprévus comme des pertes de temps. Mais, j’ai fini par comprendre que ça diffère seulement de mes habitudes, dans mon monde où tout roule à 100 milles à l’heure. C’est à moi de m’adapter à leur façon de faire et surtout à lâcher prise sur ces éléments sur lesquels je n’ai aucune emprise.

Ce que je trouve beau de mes deux stages, c’est d’avoir pu mettre un visage sur ces personnes ou peuples à l’autre bout du monde qu’on ne connaît pas et qui nous semblent très loin de notre réalité. Ces visages ne sont désormais pas juste dans les médias. Ils ont un nom; sont éduqués et politisés; et ont des rêves et aspirations, tout comme toi et moi.

Je peux affirmer que peu importe le stage dans lequel une personne se lance, ce sera une place pour grandir, devenir une meilleure personne, se questionner et surtout découvrir un autre monde culturel et le monde qui se trouve en nous.

Haidi Laidlaw, stagiaire à l’étranger du CSI 


Le programme de stages professionnels pour les jeunes est rendu possible grâce au soutien du Gouvernement du Canada.

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