Notre stage

1. Le monde pour un nombril   2. Notre travail

Le monde pour un nombril

Montréal, 14h38, aéroport Pierre-Elliott-Trudeau, porte 36: un jeune le sac au dos, les chaussures usées, le cœur gros, débarque l'air hagard. Ce jeune, c'est moi. Non je ne suis pas un réfugié et je ne reviens surtout pas d'un ClubMed. En fait, c'est ici que prend fin l'expérience de partage la plus incroyable que j'ai connue jusqu'à ce jour. Du moins, c'est ce que je croyais à ce moment-là.

Il y a dix semaines, je quittais mon pays pour aider mon prochain et sauver le monde… quelle naïveté! Direction: République dominicaine; but: stage de coopération internationale; nombre de participants: neuf jeunes dynamiques. Nous arrivons donc à destination la tête remplie de projets et le cœur plein de bonne volonté. Les pieds sur le terrain, c'est le choc culturel. Nous qui croyions trouver des gens pauvres et miséreux sommes confrontés à un peuple fier, nous sommes face à des gens qui vivent de peu, mais qui à la fois ont tout. Il fallait être sur le terrain pour ressentir l'énergie de ces gens, l'énergie intense et vraie qu'ils savent transmettre et partager. Après l'adaptation et de nombreux échanges, les constatations. Nous nous sommes aperçus qu'il y avait du travail pour nous ici, et qu'il y avait plein de choses à apprendre.


Docteur Aracely Torres à la clinique médicale de Palo de Caja

Durant ces semaines dans la communauté, on discute, on rit, on braille, on chiale, on danse, on s'adapte, on découvre et surtout on participe avec les gens de la place à réaliser des projets pour le développement de leur communauté.


José, charpentier de Nizao

Et oui! Arrivés là-bas, c'est nous, les Nord-américains qui croyions tout savoir, qui avons dû tout apprendre. Pensez-y un instant, est-ce que le fait d'avoir les technologies les plus avancées fait de notre peuple des gens qui en savent plus sur la vie? Nous pouvons aider certes, mais avant tout observer, écouter et être ouvert sont les trois mots-clés pour vivre pleinement l'immersion dans une autre culture.


Ramon, agriculteur de Palo de Caja

Revenons donc à moi, chère âme perdue, qui se sens écartée dans son propre bout de pays. Direction: euh…???; but: aucun; nombre de participants: moi et moi seul. Évidemment, comme stagiaire, j'ai été surstimulé (nouvelles odeurs, nouveaux paysages, nouveaux défis, nouvelles rencontres…); après ça, le Québec me paraît un peu fade et triste. Comment agir? Comment transmettre au monde entier ce qui bouillonne à l'intérieur de moi après cette expérience? Comment faire ma part? Vais-je recommencer à parasiter le reste de la planète? Vais-je reprendre mon quotidien en oubliant tout ce que j'ai pu vivre ? Était-ce un rêve?

Assis sur mon sofa, une 'tite bière à la main, je contemple mon nombril. Que faire? Est-ce la fin de ma contribution à la coopération internationale, je suis bien trop cassé pour repartir… à ce moment, une sensation douloureuse sur mon épaule se fait ressentir.

« Heille le coloc, réveille. Bouge tes fesses, lâche ta bière et prends donc un bon café pour t'aider à te ranimer. Y'est équitable mon café, tu vas voir, juste le goût te fera sentir mieux…youhou, tu m'entends? »

BANG! Je suis assommé. Non pas dans un coma éthylique, mais plutôt frappé par la facilité et la simplicité de mon engagement dans la coopération internationale. Il y a plein de façons de faire ma part en étant ici, chez moi au Québec. Je peux acheter des produits équitables ou éthiques et avoir une consommation responsable. Tout ce que j'ai à faire, c'est de m'informer sur ce qui est disponible dans ma région. Autre chose, je peux encourager des organismes impliqués dans le milieu de la coopération internationale par un engagement bénévole ou en faisant des dons. Finalement, je m'étais trompé. Je vais pouvoir partager mon vécu avec les gens autour de moi et conscientiser le plus de monde possible. Et si je repars, je vais faire de l'écotourisme.

Enfin! Sherbrooke, 14h39; direction: où on veut; but: faire sa part; nombre de participants: illimité.

Joanie Gariépy et Philippe Robert Stage QSF U RD 2007

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Notre travail

70 jours en République dominicaine
«Wow, pas mal chanceux les jeunes de pouvoir vous offrir ça!»

Eh oui, bien souvent c'est ce que nous entendons lorsque nous commençons à parler de notre stage. Bien sûr, deux mois et demi sous le grand soleil chaud n'avait rien de désagréable, et même que, comparé à l'hiver québécois, les attraits de la République dominicaine ne nous ont que charmés davantage, mais la grillade sous le soleil fût loin d'être la raison de notre présence sur l'île.

Huit stagiaires, une accompagnatrice, des enfants, des familles, des amis, le CSI, le CEPAE... Voilà une vision rapide des membres qui ont pris position au sein de notre stage.

Nous sommes partis à la fin de janvier 2007 pour réaliser notre projet Québec sans frontières de développement communautaire durable. En toute honnêteté, ce qui allait se livrer à nous au cours des semaines qui allaient suivre était pour nous un mystère.

Jamais nous n'aurions pu imaginer la chaleur des contacts lors de notre arrivée dans notre première communauté d'accueil;
jamais nous n'aurions pu imaginer l'immensité de nos repas quotidiens et les chaleureux petits cafés sucrés;
jamais nous n'aurions pu imaginer la splendeur du paysage des plages, mais surtout des montagnes;
jamais nous n'aurions pu imaginer que ce que nous allions vivre allait nous chavirer et nous transformer;
jamais nous n'aurions pu imaginer tout ce qui nous attendait.

Mais nous étions prêts...


Fête de l'amitié, 14 février 2007, Las Auyamas

Départ de Montréal, direction République dominicaine.

Au cours de nos 10 semaines en terrain dominicain, nous avons été hébergés au sein de deux communautés; celle de Las Auyamas (7 semaines) et celle de Palo de Caja (2 semaines), toutes deux dans la région de San José de Ocoa. Chacun de nous vivait dans une famille d'accueil différente, ce qui fait que nous avons eu la chance de partager avec plusieurs membres des communautés.

Chaque matin, nous nous rejoignions à 9:00 pour planifier le boulot que nous avions à réaliser et nous nous divisions en équipe pour plus d'efficacité.

Cours d'anglais par-ci, construction de toilettes sèches par-là, visites domiciliaires sur la santé un peu plus loin; nous avons travaillé avec des professionnels dans différents secteurs des communautés. N'étant pas un groupe spécialisé dans un domaine particulier, nous avons eu la chance de toucher à toutes sortes de besognes, autant physiques qu'intellectuelles.

À l'école du village, nous avons donné des cours de créativité, des ateliers de sensibilisation sur les moyens de contraceptions et ITS, ainsi que des ateliers sur l'hygiène et plusieurs cours de langues.


Andréanne à l'école

Aux champs avec les hommes, nous avons appris à manier la machette et à travailler dans les plantations de café et, avec les femmes, le pic nous a été utile sur le terrain où elles construisent une serre biologique.

Enfin, nous avons réalisé différentes activités de sensibilisation autour du sujet de l'environnement où grands et petits ont eu droit à leur part de sensibilisation. Par exemple, nous avons implanté des poubelles collectives dans des lieux stratégiques afin de les inciter à conserver leur milieu propre.


Miguel Angel, superviseur du CEPAE dans la communauté de Las Auyamas, applique la touche finale à une future poubelle publique.

Nos réalisations sont minimes en comparaison à nos apprentissages.

La fierté, la débrouillardise et l'esprit collectif des gens que nous avons côtoyés nous ont ouverts à de nouvelles visions concernant les régions rurales.

Notre objectif de stage visant l'échange culturel, ce fut un plaisir pour nous de sortir les soirs au petit colmado (le magasin général!) pour aller danser, jouer aux dominos ou simplement bavarder avec des dominicains que nous appelons aujourd'hui amis.

Notre «voyage» s'avère en résumé bien plus qu'un voyage d'agrément, mais expérience de travail à l'étranger, expérience de vie, expérience d'échange en bien des sens, sans oublier expérience de groupe qui nous aura autant fait «rusher» autant que s'amuser!

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