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Pour un commerce plus équitableÀ la recherche d’une définition…La Coalition canadienne pour le commerce équitable cherche depuis plusieurs mois à forger et adopter une définition du commerce équitable. Au niveau international, des organisations représentatives des principaux acteurs du commerce équitable (FINE) ont déjà tenté cet exercice. À partir de ces tentatives, une des définitions possibles pourrait donc être la suivante : Cette difficulté à adopter une définition commune reflète sans doute la diversité des approches, voire des objectifs, que se fixent les différents acteurs. Elle reflète aussi la vivacité d’un mouvement en constante évolution ; mouvement à l’intérieur duquel certains cherchent sans cesse à accroître les exigences, à repousser plus loin les limites d’un monde toujours plus équitable. Retour sur près de 50 ans d’histoire« Le commerce, pas la charité » ; c’est ainsi que des économistes du Tiers-Monde ont interpellé les grandes puissantes, en 1964, à la création de la CNUCED (Commission des Nations Unies pour le Commerce et le Développement). 45 ans après, ce souhait a été diversement interprété. De leur côté, les organismes de solidarité ont traduit cet appel en initiant et développant des pratiques commerciales plus favorables aux populations les plus vulnérables. Grâce à l’expérience acquise durant les années 60 et 70, ces pratiques de commerce solidaire se sont formalisées et unifiées pour donner naissance, dans les années 80, au commerce équitable. Enfin, ces 15 dernières années, le commerce équitable a pris une ampleur inattendue : plusieurs millions de personnes en bénéficient parmi les pays du Sud ; au Nord, des milliers d’entreprises privées ont pris le relais des organismes sans but lucratif pour écouler les produits; et, pour le grand public, acheter équitable est devenu « tendance ». Les nouveaux défisEn parallèle de ces avancées spectaculaires, certains s’interrogent pourtant sur les impacts réels de cette croissance. Malgré un certain consensus autour des critères du commerce équitable, toutes les pratiques se valent-elles ? La place du consommateur final, centrale dans les premiers temps du commerce solidaire, n’est-elle pas aujourd’hui négligée ? À qui profite vraiment l’association entre les marques de produits équitables et les firmes transnationales de la distribution ou de l’agro-alimentaire ? Le commerce équitable est-il un mouvement aussi homogène qu’il paraît ou n’est-il pas plutôt parcouru de divers courants représentatifs d’une diversité d’objectifs et de pratiques ? La position originale du Carrefour de solidarité internationalePour sa part, le CSI pense que cette diversité est bien réelle et qu’elle est même la preuve rassurante que le commerce équitable est un mouvement vivace et en perpétuelle évolution. Le choix d’un commerce plus équitable et non du commerce de l’équitable. Un choix qui privilégie les objectifs d’éducation et de mobilisation du public. Un choix qui nous oblige à nous questionner et à remettre en question, avec nos partenaires, l’ensemble des éléments qui constituent le cycle de vie d’un produit équitable. Autrement dit, pour nous, l’essentiel n’est pas d’augmenter sans cesse le volume des ventes mais de cultiver l’esprit critique de susciter le libre-arbitre et d’accroître la mobilisation en faveur d’un monde juste et durable. Par exemple, notre filière café est l’aboutissement d’un travail de coopération qui nous permet d’être en prise directe avec les producteurs. Pourtant, nous cherchons à connaître toujours mieux la filière ou la « route du café » - quelles sont les étapes et les marges du producteur au consommateur ? - un domaine plus complexe que certains le laissent entendre, dans le but de vous transmettre l’information, de la rendre accessible au consommateur. Dans un autre registre, nous attachons également une attention particulière au développement de l’économie locale. C’est ainsi que nos produits à base de beurre de karité du Mali et du Burkina Faso sont transformés par des entreprises familiales en Estrie. Dans le même esprit, nous avons confié à un artisan chocolatier de Sherbrooke la transformation de nos barres de chocolat équitables et biologiques. Un commerce équitable exigeantBref nous croyons en un commerce équitable pris dans un mouvement perpétuel d’action, de questionnement, et d’amélioration ; un commerce équitable exigeant, en recherche de cohérence aux plans économique, social, culturel, environnemental ; un commerce équitable qui, par ce souci de transparence, souhaite vraiment redonner un pouvoir et une responsabilité au consommateur ; un commerce équitable enfin dont le but ultime est d’inverser les rapports de force en faveur des producteurs, transformateurs, commerçants, consommateurs de tous pays qui sont aujourd’hui otages ou esclaves d’une poignée de financiers, spéculateurs et autres maîtres de « L’Empire de la honte »1. 1 Titre d’un ouvrage de Jean Ziegler, ancien rapporteur des Nations Unies sur le droit à l’alimentation.
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